Intervention sur le Plan Régional Vélo

Intervention de Jean-Vincent Placé, deuxième vice-président de la région Ile-de-France chargé des Transports et des mobilités

Intervention sur le Plan Régional Vélo

Monsieur le Président,

Chers collègues,
Dès mon arrivée à la Vice-Présidence transports, j’ai indiqué que j’aurai trois priorités :

la modernisation et le renforcement du réseau, et notamment des RER ;

le dossier fret, j’en profite d’ailleurs pour vous rappeler que vous êtes toutes et tous invités aux assises régionales du fret et de la logistique le 29 juin à partir de 8h30 à la Maison de la chimie ;

et enfin la politique vélo, qui est tout particulièrement chère au cœur de nous autres écologistes.

Je ne parle pas de la réforme de la tarification, qui est une priorité portée au-delà, par l’ensemble de l’exécutif.

La politique vélo, donc.

S’aventurer sur le terrain de la petite reine est à la fois primordial pour un écologiste, mais également un exercice subtil, tant ce dossier est sensible, et l’attente, grande.
Je n’ai pas cherché à me précipiter sur ce dossier, car je souhaitais qu’il soit bien léché, bien finalisé. Aujourd’hui, c’est le cas, et je tiens à remercier les services pour leur investissement et l’ensemble des acteurs et actrices qui ont participé à l’amélioration de ce document, les élus bien sûr, mais aussi les associations, MDB, Vélorution, et toutes les autres, très nombreuses, elles m’excuseront de ne pas toutes les citer.
Le rapport que je vous propose consiste donc à réviser la politique cadre qui date de 2003, et à la rendre cohérente avec les orientations du nouveau PDU, efficacement piloté par François Kalfon et Pierre Serne.
J’ai souhaité trois choses :

le recentrage sur les projets inclus dans les itinéraires d’intérêt régional cartographiés dans le PDUIF (et dans le SDRIF de 2008), ou desservant des équipements d’intérêt régional avéré et sur les projets des départements ;

l’adoption du schéma régional des véloroutes et voies vertes, qui nous faisait défaut jusque là, et la création d’une catégorie de subvention bonifiée spécifiquement dédiée aux véloroutes régionales ;
la simplification des taux et des plafonds actuels, qui se sont révélés inutilement complexes, ainsi que la suppression du contrat triennal pour les communes désirant réaliser des aménagements de réseaux verts, cette condition n’ayant pas rempli l’effet escompté.
Alors, bien sûr, si je puis dire : « politique bien ordonnée commence par soi-même ». Il est indispensable et élémentaire que la Région fasse preuve d’un minimum d’exemplarité en la matière. Nous intervenons sur un patrimoine plus que significatif, avec les bases de loisirs, les lycées, les CFA….
Ensuite, le rôle de la Région est d’accompagner la mise en place des réseaux cyclables locaux des collectivités. Mais les projets sont nombreux. Nous avons donc dû définir des priorités. Il y en a 8, je ne vais pas toutes les citer. Juste la première d’entre elles, comme vous avez pu le lire : c’est la généralisation de la mise en zone 30.
Nous voulons que les communes et les intercommunalités passent à la vitesse supérieure pour l’apaisement de la circulation dans leurs territoires : ne plus seulement réaliser des petites zones 30 ponctuelles autour des écoles, mais réaménager l’ensemble des voiries locales, pour y accroître la sécurité et le confort de tous, vélos, piétons bien sûr, mais aussi automobilistes eux-mêmes.
Troisième axe essentiel : le schéma régional des véloroutes et voies vertes. Ce schéma nous permettra de fédérer l’ensemble des démarches en faveur du vélo, à court, moyen ou long terme, afin d’en avoir une vision à la fois opérationnelle et stratégique. Concrètement, cela inclut une carte du schéma régional, des subventions bonifiées pour ces itinéraires et un 3e volet vise à intégrer la Région dans les réseaux des acteurs, en particulier dans l’association Paris-Londres, qui promeut la réalisation de cet itinéraire qui traverse tout l’ouest de l’Ile de France, et qui verra en partie le jour en 2012 grâce à l’action combinée de la Région et des collectivités locales
Par ailleurs, plus largement, avec ce rapport, nous lançons un amical avertissement à toutes les collectivités qui déposent une demande de financement pour un grand projet de voirie ou d’infrastructure de déplacement : si les aménagements cyclables ne sont pas prévus, nous pourrons nous réserver le droit de ne pas subventionner le projet.
Le rapport que je vous propose ouvre aussi la possibilité de financer des expérimentations innovantes. D’abord pour ce que l’on appelle les « services vélos », pour lesquels la Région pourra s’engager sur les dépenses liées à l’investissement mais également sur le fonctionnement. Le taux sera de 50%, avec un plafond fixé à 1 MEUR pour les coûts d’investissement et à 50 000 EUR hors taxes pour les coûts liés au fonctionnement. Il existe plein d’innovations en la matière, par exemple les « remonte-pentes », que je sais chers à Jacques Picard. C’est une bonne chose d’avoir les moyens de soutenir l’innovation dans la mobilité. Par ailleurs, nous profitons de ce rapport pour renforcer le cadre juridique et renouveler notre confiance à la SNCF dans l’expérimentation qui consiste à développer les services de stationnement sécurisés pour vélos dans les gares. Ce nouveau service s’appelera « Veligo ». Une convention d’expérimentation entre les trois partenaires, STIF, Région et SNCF, sera soumise à la commission permanente du 7 juillet pour approbation. Et cette expérimentation prendra fin au 31 décembre 2012. Nous pourrons alors tirer les enseignements de cette expérience.
Autre sujet qui m’est cher, le portail vélo régional. Cet outil, sur lequel nous avons déjà avancé, sera notamment composé d’une cartographie interactive et d’un moteur de recherche et de calcul d’itinéraires.
Pour ce qui concerne la communication, la Région édite et éditera plusieurs supports, de la carte des pistes cyclables au guide du cycliste urbain. J’en profite pour inviter le service communication à se rapprocher des élus transports, qui connaissent bien ce public et leur sociologie très diverse. Pour mieux les toucher, l’aide des élus sera précieuse.
Nous proposons également de constituer un comité vélo régional rassemblant les collectivités locales, les acteurs privés, les institutions diverses et les représentants des usagers (associations de promotion du vélo en particulier).
J’ai la faiblesse de penser qu’il existe certains sujets  rares, certes ! qui sont à la fois éminemment politiques et consensuels. J’espère que celui-là en fait partie.
Je vous remercie.

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