Le marché du vélo sur la pente descendante

La petite reine file sur une mauvaise pente. Malgré le développement des pistes cyclables impulsé par plusieurs grandes agglomérations françaises et la raréfaction des places de stationnement pour les voitures, les ventes de vélos n’échappent pas à la crise économique.

Au premier semestre, les ventes de vélos et d’accessoires pour cycles ont reculé de 3 % en valeur dans l’Hexagone, selon le Conseil national des professions du cycle. Plus de 80 % des professionnels considèrent que ce mouvement de recul se poursuivra tout au long du second semestre. De quoi assombrir le traditionnel Salon du cycle, qui se tient à partir d’aujourd’hui et jusqu’à lundi, porte de Versailles à Paris. Si la manifestation a échappé au sort du Salon de la moto et du scooter, reporté d’un an pour raisons économiques, elle a tout de même été amputée d’une journée cette année. Déjà l’an dernier, le secteur était passé sur le petit braquet. Le chiffre d’affaires de la branche était resté stable par rapport à 2007, à 1,4 milliard d’euros, mais le nombre de vélos vendus en un an avait reculé de 3,5 %, à 3,4 millions d’unités, dont 2,1 millions de vélos importés.

Cette année, tous les circuits de distribution rétrogradent, y compris les grandes surfaces alimentaires spécialistes des produits d’appel « made in China ». Seules les grandes surfaces multisports, type Décathlon, sauvent la mise (+ 1 %). Les préoccupations générales des Français vis-à-vis du pouvoir d’achat, mais aussi les nombreux vols de vélos en ville, incitent les clients à la modération.

La fragmentation de plus en plus nette du marché (ville, VTT, VTC, etc.), qui a soutenu les ventes depuis plusieurs années, semble désormais montrer ses limites. Seuls deux types de produits réussissent des échappées : les vélos tout-terrain pour enfants (+ 7 % au premier semestre) et les cycles à assistance électrique (+ 5 %), beaucoup plus chers et moins « verts » que les modèles classiques, puisque rechargeables sur prise de courant. Dernier arrivé sur ce nouveau segment, le VeloSolex, vélo pliant à assistance électrique (22 kilos), commercialisé au printemps 2010. Dessiné par l’italien Pininfarina pour le français Cible, qui a racheté la marque Solex en 2005, ce modèle sera assemblé en Chine, comme presque tout ce qui marche à l’électricité.

Au-delà de cette niche surtout destinée aux grandes villes, un certain déplacement de la demande s’est manifesté l’an dernier : si les VTT de toute nature, leaders du marché, représentaient encore une vente sur deux en France, leurs ventes ont néanmoins reculé de 6 %, tandis que le « vélo mobilité », utilisé comme moyen de transport davantage que comme outil de loisir, a grimpé de 4 %. Reste à savoir si le Vélib’ a converti de nouveaux adeptes ou, au contraire, dissuadé des acheteurs potentiels, qui se contentent d’une machine « municipale ».

DENIS FAINSILBER, Les Echos

http://www.lesechos.fr/info/auto/020156737780-le-marche-du-velo-sur-la-pente-descendante.htm